Abstract
« Il n'existe pas de problèmes dans la nature, mais seulement des solutions car l'état naturel est un état adaptatif donnant naissance à un système cohérent. » René Dubos, célèbre agronome et biologiste franco-américain du XX e siècle, soulignait par cette phrase l'importante capacité de la nature à évoluer et s'adapter en fonction des environnements naturellement transformés, ou artificiellement transformés par l'Homme. Cette forte capacité à s'adapter forme selon lui un système cohérent. Un système cohérent… ne serait-ce pas là une merveilleuse formule ? Un rêve que tout législateur aimerait atteindre ? Finalement, le droit étant une invention des personnes physiques, donc malléable et adaptable – en théorie – à toutes les situations, ne pourrait-on pas s'amuser à penser, en hommage à ces paroles précitées de René Dubos, qu'il n'existe pas de problèmes dans la sphère juridique, mais seulement des solutions car le droit est un état adaptatif donnant naissance à un système cohérent ? Penser cela est autorisé, voire encouragé dans une carrière juridique, à condition de bien s'entendre sur la signification de cette notion qu'est la cohérence. De prime abord, il est intéressant de noter que le terme cohérence ne représente pas une notion juridique. Autrement dit, cette notion n'a pas sa propre définition juridique. Il faudra donc se contenter d'une définition issue du langage vernaculaire. Parler de cohérence, c'est donc parler « des parties d'un tout ou de ce tout lui-même ». Parler de cohérence, c'est parler aussi de « l'harmonie, du rapport logique, voire d'absence de contradictions dans l'enchaînement des parties de ce tout » 2 qui peut être un ouvrage, un discours, une théorie, voire… un système juridique [...]