Abstract
Le développement d’un champ de recherche se traduit par une spécialisation croissante des problématiques et des questionnements, et amène par conséquent la production d’une connaissance certes plus fine, mais plus morcelée. En sciences sociales, il est par exemple très courant de voir une même problématique déclinée de nombreuses fois, à travers divers espaces spatiotemporels, voire diverses approches méthodologiques. Tôt ou tard, né donc un besoin de « faire le point » sur une question donnée. Ce besoin d’une connaissance plus synthétique répond à une demande à la fois académique et managériale. Au plan académique, il s’agit de mettre en exergue l’état de la connaissance, ses limites, et les opportunités de recherches autour de la question étudiée. Au plan managérial, il s’agit d’éclairer praticiens et régulateurs. Dans notre domaine, la demande de certains normalisateurs comptables est bien réelle et se caractérise même assez souvent par des appels à projet financés sur une question d’actualité. Un exemple assez récent en est l’appel émis par l’Institute of Chatered Accountants of Scotland (ICAS) sur l’état de la connaissance en matière d’audit conjoint (joint audit dans la terminologie anglo-saxonne), qui a fait l’objet d’un rapport de recherche suivi d’une publication académique par ses coauteurs (Ratzinger-Sakel et al. 2012, 2013). En France, l’ANC a elle aussi lancé plusieurs appels à projets sur la recherche comptable dont ont su profiter des chercheurs de l’AFC. Certains de ces projets thématiques – comme par exemple celui portant sur l’information non financière – n’ont pas une finalité empirique spécifique ; ils ont pour but la production d’une synthèse de la connaissance.