Abstract
Dans cet article, nous examinons l’émergence des identités collectives comme produit d’un projet politique coordonné par des activistes organisés qui profitent d’opportunités politiques pour se mobiliser et remettre en cause un ordre concurrentiel établi. L’analyse empirique porte sur le mouvement social identitaire des vins de garage, qui, dans les années 1990 et dans le vignoble bordelais de Saint-Émilion, remet en cause la domination des grands vins de châteaux comme modèle économique et culturel hégémonique. Nous identifions quatre processus à l’oeuvre dans l’émergence de l’identité de « garagiste » : la théorisation, la labellisation, la résonance et la polarisation. Dans le champ de la théorie des organisations, ce cas contribue à la littérature sur les mouvements sociaux et les groupes stratégiques identitaires.