Abstract
L'un des traits distinctifs du système de gouvernance à l'allemande est la représentation paritaire des salariés au sein des conseils de surveillance des grandes entreprises. Souvent considérée comme "culturellement" allemande, le présent article montre cependant qu'une supposée "tradition allemande" de cogestion relève du mythe. Le régime de gouvernance allemand est plutôt le fruit du contexte politique et institutionnel dramatique de la fin des années 1940, qui a vu des luttes et la mobilisation des acteurs politiques, économiques et syndicaux. Pour expliquer qu'un consensus institutionnel sur la cogestion ait finalement eu lieu en Allemagne, dans une période de chaos institutionnel, nous montrons le rôle méconnu joué par l'Eglise catholique allemande.
, Codetermined supervisory boards with half of the directors representing employees are one of the distinctive features of the German corporate governance system. This is often supposed to be rooted in typically "German culture". The present contribution reveals however that the supposedly "German tradition" is a myth. The specific regime of codetermined supervisory boards is rather the outcome of the dramatic political and institutional circumstances of the late nineteen-forties, having witnessed a fierce fight and the mobilization of various actors ranging from politicians and industrialists to trade unionists. On the way to an institutional consensus, the German catholic church played a significant, albeit seldom recognized, role.