Abstract
L’éthique des entreprises n’est pas seulement un répertoire d’idéaux valorisables par la communication. C’est aussi un guide des comportements réels, appuyé sur des valeurs morales individuelles et collectives, propres à inspirer la confiance des interlocuteurs dans leur coopération au quotidien. Mais une éthique purement instrumentalisée peut- elle refléter le fond moral du comportement des entreprises, et des positions de leurs parties prenantes ? L’analyse critique de la « gestion de l’éthique » des firmes, qui constitue le corps de l’article, tend à montrer que leur attitude généralement défensive ne fait qu’accroître les difficultés, alors qu’il faudrait puiser dans le capital moral de leurs acteurs pour adopter une attitude volontariste, et restaurer ainsi leur légitimité citoyenne aujourd’hui très érodée., --- Company ethics are not just a list of ideals recycled by communication. They are also a guide to real behaviour, based on individual and collective moral values that are appropriate for inspiring confidence in daily co-operation between people. However, can ethics that are purely exploited really reflect the moral basis of the behaviour of companies and positions of all stakeholders concerned by them ? The critical analysis of the “management of ethics” in companies, which constitutes the main part of the article, tends to indicate that their generally defensive attitude merely increases the difficulties. They should therefore be drawing on the moral wealth of their players so as to adopt a positive and determined attitude, thereby restoring their citizenship legitimacy that is so eroded today.