Abstract
Que deviennent réellement les plans de redressement judiciaire après leur adoption ? Cette question, restant depuis 1985 sans réponse, trouve ici un éclairage inédit. L’analyse des procédures collectives ouvertes au tribunal de commerce de Lyon entre 2006 et 2013 révèle que sur 100 entreprises défaillantes, seules 15 accèdent au redressement judiciaire parmi lesquelles 5 obtiennent un plan de continuation dont la moitié l’exécute jusqu’à son terme. Au-delà de cette sélection drastique, l’étude met au jour un paradoxe : ni la conjoncture économique ni le secteur d’activité n’influencent significativement la réussite des plans. Seule la taille de l’entreprise s’avère déterminante, les TPE échouant massivement là où les entreprises moyennes réussissent majoritairement. Ces résultats questionnent l’universalité proclamée du dispositif et suggèrent que la « seconde chance » entrepreneuriale reste l’apanage des entreprises dotées d’une gouvernance et de capacités organisationnelles suffisantes.