Abstract
Les technologies numériques sont majoritairement présentées comme pouvant accompagner la transition des systèmes alimentaires vers plus de durabilité. Toutefois, l'articulation précise entre ces deux mouvements de transformation numérique d'un côté et de transition durable/écologique de l'autre mérite d'être requestionnée, en particulier pour évaluer la nature de la transformation globale qu'elle entraine. Il s'agit de comprendre comment le numérique transforme aussi des pratiques, des normes, des représentations, et pas seulement comment il peut être mis au service de l'efficience des systèmes alimentaires. En particulier, l'idée selon laquelle les pays du Sud pourraient combler leur retard grâce aux technologies numériques doit être réexaminée. Il convient de mesurer aussi ce que les technologies numériques embarquent de zones d'ombre, dont des risques d'une nouvelle dépendance numérique Nord-Sud ou de nouvelles fractures au sein des Suds mêmes.
Nous avons demandé à deux chercheuses, Isabelle PIOT-LEPETIT et Camille RICHEBOURG, de nous accompagner dans cette réflexion.