Abstract
Le monde fait face à des crises géopolitiques, environnementales et sociales interdépendantes et sans précédent. Les travaux scientifiques récents attestent désormais du franchissement d’une septième limite planétaire. Dans le même temps, une autre crise, moins commentée mais tout aussi grave, se déploie silencieusement : nos manières d’imaginer l’avenir, d’organiser l’action collective et de décider pour le long terme s’érodent.
Jamais les sociétés humaines n’ont disposé de capacités techniques aussi vertigineuses. Et jamais elles n’ont été aussi vulnérables aux dérèglements qu’elles déclenchent. Nous avons transformé la Terre plus vite que nous n’avons appris à nous gouverner. Le climat se dérègle, la biodiversité s’effondre, les ressources s’épuisent, les systèmes sociaux se tendent, les infrastructures stratégiques tremblent. Notre survie dépend désormais de notre capacité à intégrer le système Terre dans les mécanismes de décision des activités économiques, administratives et diplomatiques qui structurent le monde.
Cette transformation n’est pas abstraite. Elle modifie la réalité opérationnelle des États, des entreprises et des institutions. Pour la comprendre en profondeur, encore faut-il observer celles et ceux qui gouvernent au quotidien l’instabilité du monde. C’est ce qu’offre le cycle annuel du Collège des Hautes Études de l’Académie diplomatique (CHEAD).