Abstract
Phénomène de librairie de l’automne 2006, le roman-fleuve (900 pages) de Jonathan Littell Les Bienveillantes a été plébiscité pour ses qualités littéraires, ainsi que pour l’extrême précision d’un document qui se présente aussi comme une leçon d’Histoire concernant la seconde guerre mondiale, examinée du côté de l’agresseur nazi. Il en ressort une réflexion morale autour des agissements d’Hitler et des forces allemandes, et notamment la mise en oeuvre de la « solution finale ». L’auteur de l’article prend appui sur ces réflexions, dans lesquelles des comparaisons sont faites avec d’autres massacres ponctuels ayant eu lieu dans l’histoire mondiale, pour les appliquer à l’état du monde actuel, dont les malheurs massifs sont systématiquement sous-estimés ou ignorés par les propagateurs de l’idéologie dominante, qui porte sur l’économie d’abord, mais aussi par ricochet sur le politique et même le militaire. La science historique étant faite pour tirer des leçons positives pour aujourd’hui, l’auteur de l’article les explicite quant aux implications éthiques du comportement des acteurs économiques contemporains, surtout les plus puissants d’entre eux.
, The autumn 2006 French literature bestseller, Jonathan Littell’s long novel (900 pages) The benevolent was praised for its literary qualities and for the extreme accuracy with which this equally historical document presents the Second World War, as observed from the Nazi’s point of view. A far-reaching moral reflection stems from Hitler’s and the German forces’ actions, notably in relation to the implementation of the “final solution”. Based on these reflections the author makes comparisons to other massacres that took place within world history, connecting them to the present state of the world in which massive atrocities are systematically understated or ignored by supporters of dominant ideology, which is firstly concerned with economy, but also indirectly concerned with politics and even military issues. Since the study of history is meant to provide positive lessons for today, the author does so explicitly in relation to the ethical stakes of contemporary economic actors’ behavior and particularly that of the most powerful among them.