Abstract
Nous ne pouvions pas dire que nous ne savions pas. Les plus hautes institutions de notre pays nous avaient suffisamment prévenus : l’intégration du principe de précaution dans la Constitution s’apparenterait à une catastrophe nationale. Le Medef exprima ses craintes sur la croissance lors d’une conférence de presse le 13 janvier 2004. L’Académie des Sciences publia un avis le 18 mars 2003 affirmant que l’inscription du principe de précaution dans la Constitution française « pourrait induire des effets pervers, susceptibles d’avoir des conséquences désastreuses sur les progrès futurs de notre bien-être, de notre santé et de notre environnement ». Plusieurs juristes prédirent une explosion des contentieux et un encombrement des tribunaux. Enfin des philosophes de renom annoncèrent la déresponsabilisation de la société et l’avènement d’une époque qui nierait toute prise de risque au nom d’une précaution absolue.