Abstract
A l’occasion de l’une de nos interventions, le directeur d’une entreprise d’insertion posait un diagnostic de crise dans sa structure. L’accroissement de comportements violents (injures inscrites sur les murs du local, agressions verbales des encadrants, incendies volontaires de véhicules…) témoignait, selon lui, de dérèglements majeurs dans l’organisation. Au moment de partager ce diagnostic avec les administrateurs, ceux-ci lui rétorquèrent que la situation n’avait rien d’exceptionnelle tant la structure avait toujours souffert des mêmes maux par le passé et qu’elle devait trouver une explication dans le profil jeune et masculin du public traditionnellement recruté. Le doute était au fond de tous les esprits. S’agissait-il d’une crise réelle et, si tel était le cas, nécessitait t-elle une intervention d’urgence ? Ou bien le directeur de la structure n’avait-t-il pas tendance à surestimer des symptômes auxquels les administrateurs s’étaient peu à peu habitués ?