Abstract
En juillet 2025, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, publiait un rapport accusant une quarantaine d'entreprises de tirer profit de la guerre à Gaza et de se rendre complices de crimes de guerre.
En Russie, les superprofits de l’entreprise Total ont été pointés du doigt après l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Certaines entreprises privées semblent ainsi savoir faire leur miel des bouleversements géopolitiques et la guerre reste pour eux une affaire commerciale. Parallèlement - et alors qu’en Ukraine, plus d’un tiers de la richesse nationale est absorbée par l’effort militaire - l’industrie européenne de l'armement connaît une activité florissante : carnets de commandes qui explosent ; ouverture de nouvelles usines ; regain industriel - les budgets de la défense s’envolent. La guerre nourrit ainsi un nouvel âge de prospérité pour certains industriels et quelques entreprises opportunistes, en laissant derrière elles des villes et des populations détruites. Alors la guerre est-elle vraiment bonne pour les affaires ? Jusqu’où les entreprises peuvent-elles tirer parti d’un climat de guerre jusqu’à devenir dépendantes ou complices ?