Abstract
Two different perspectives have been adopted to account for managers’ behaviors and decision-making process when facing a crisis. On the one hand, a number of research have shown that managers, tend to use familiar norms and templates to cope with it. They rely on existing routines to frame and deal with the crisis. We term this behavior normalization. On the other hand other authors suggest that improvisation and bricolage may be an alternative to escape from the turmoil of crisis. They build on the idea that the chaotic, unexpected and unplanned nature of crises gives the individuals the opportunity to draw from registers unknown to them until then and to use the resources at hand to design appropriate ad hoc plans to deal with the unfolding situation. Drawing on a case study of the toxic cloud of Nantes (France – 1987) which ended up with the evacuation of 40000 persons, the paper contributes first to understand why people persist in relying on well-known schemas and templates whereas crises are unusual and not comparable to any previous experience or knowledge, second to explore to what extent normalized behaviours and decisions impair improvisation, third to examine the conditions in which normalization and improvisation have more chance to occur in times of crisis., Il existe deux approches pour décrire le comportement et le processus de décision des managers en situation de crise. D’une part, plusieurs recherches attestent que les managers confrontés à une crise ont tendance à utiliser des cadres de références et des normes familiers pour gérer la crise. Ils se reposent ainsi sur des routines existantes pour appréhender la crise et la gérer. Nous qualifions ce comportement de normalisation. D’autre part d’autres auteurs suggèrent que l’improvisation et le bricolage peuvent être des alternatives pour échapper aux tourments de la crise. Ils partent de l’idée que la nature inattendue, non planifiée et chaotique de la crise procure aux individus l’opportunité de puiser dans des registres que jusqu’alors ils ignoraient et d’utiliser les ressources à disposition pour concevoir des plans ad hoc propres à contrôler la situation en cours. En utilisant l’étude de cas du nuage toxique de Nantes (France, 1987) qui se solda par l’évacuation de 40000 personnes, cet article contribue premièrement à comprendre pourquoi les individus persistent à se reposer sur des schémas et des cadres d’action bien définis alors que les crises sont inhabituelles et peu comparables avec des expériences ou des savoirs préalables, deuxièmement à explorer jusqu’à quel point les comportements et les décisions normalisés empêchent l’émergence de comportements improvisés et troisièmement à examiner les conditions dans lesquelles la normalisation et l’improvisation ont le plus de chance d’apparaître en situation de crise.