Abstract
In order to make life-supporting choices – precisely those leading to a sustainable development - in economic activity, a human subject cannot rely on scientific rationality alone. The drive for speed, efficiency and profit does not lead de facto – to the desire for “an enjoyable life with and for others in fair institutions” (Ricoeur, 1990:202). What can we answer, in such perspective, to the arguments of managers whose legitimacy, according to phenomenology, is built upon a scientific rationality inherited from Galileo ? Principally following the path opened by Husserl, Merleau Ponty and M. Henry, I will argue that, as human science or social science researchers, we have the possibility to show how the exercise of rationality can be referred to the exercise of reason. This requires that I precise the understanding of reason and of rationality and that I enlighten their articulation . I will then use a field study to show how, in deliberation, rationality can be referred to reason; and how the pursuit of an efficient organization can be referred to the pursuit of an “enjoyable life with and for others in fair institutions” (Ricoeur, 1990:202)., Pour faire des choix porteurs de vie – précisément ceux conduisant à un développement durable - dans l’activité économique le sujet humain ne peut s’appuyer sur la seule rationalité scientifique. Le plus rapide, plus efficace, plus rentable ne traduit pas –de facto- la visée « d’une vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes » (Ricoeur, 1990 :202). Mais que répondre, dans cette visée, aux arguments et pratiques de management mises en forme dans le cadre du paradigme de la rationalité scientifique? En m’appuyant principalement sur phénoménologie ouverte par Husserl, Merleau Ponty et M. Henry, j’argumenterai que notre qu’en tant que de chercheurs en sciences humaines et sociales nous avons la possibilité de montrer comment l’exercice de la rationalité peut être référé à l’exercice de la raison. Ce qui suppose que je précise la différence entre la rationalité et la raison et que j’éclaire leur possible articulation. Je montrerai, en m’appuyant sur une étude de terrain, comment, dans la délibération, la rationalité peut-être référée à la raison ; comment la recherche d’une organisation efficace peut-être référée à la visée « d’une vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes » (Ricoeur, 1990 :202). Dans un premier temps, avec Husserl, je montrerai que la rationalité scientifique est une rationalité désincarnée. Elle se donne en effet à voir aujourd’hui dans « l’inter(net)connexion » planétaire des esprits (Minsky,1988) ou dans le Système de Traitement de l’Information du prix Nobel H. Simon (1972, 1978). Dans un second temps, avec Maurice Merleau-Ponty, j’argumenterai qu’en réintroduisant le corps, un corps vivant qui sent et qui éprouve, dans l’acte de la connaissance nous pouvons nous ouvrir au déploiement de la raison. Je montrerai, alors, en m’appuyant sur une étude de terrain comment, dans la délibération, la rationalité peut-être référée à la raison ; comment la recherche d’une organisation efficace peut-être référée à la visée « d’une vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes » (Ricoeur, 1990 :202).