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Un regard économique: la Doctrine sociale et les systèmes économiques
Published 01/09/2023
La Revue d'Éthique et de Théologie Morale, 320, 4, 43 - 61
La Doctrine sociale de l’Église a souvent été accusée de ne pas porter un regard suffisamment structuré sur les systèmes économiques. Replacé dans son contexte par une lecture économique, ce jugement mériterait d’être nuancé. La capacité de la Doctrine sociale à analyser la réalité économique pourrait ainsi être reconsidérée et le rôle interdisciplinaire qu’elle est susceptible de jouer réévalué.
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L’économie au risque du réalisme: Entretien avec Pierre-Yves Gomez
Published 01/04/2023
Revue CONFLUENCE : Sciences & Humanités, 3, 1, 27 - 41
Alors que l’économie tient une place centrale dans nos représentations du « vivre ensemble », comment comprendre l’invisibilisation inexorable du travail réel, pourtant au cœur de l’économie matérielle ? Articulant un humanisme « réaliste » avec une rare rigueur analytique et un sens aigu de la narration, Pierre-Yves Gomez, économiste en quête d’interdisciplinarité et grand spécialiste du travail et de l’entreprise, nous aide dans cet entretien à décrypter les récits anthropologiques qui circulent aujourd’hui sur l’économie (de l’utilitarisme néolibéral au transhumanisme). Il nous livre quelques-uns des points d’ancrages de sa vaste réflexion économique : 1) son approche « évolutionniste » dans l’analyse historique des faits socioéconomiques ; 2) les sources et modèles qui ont contribué à la formation de son regard interdisciplinaire ; 3) un sens de la complexité du monde capable d’embrasser les interactions entre croyances, culture(s) et infrastructures économiques ; 4) le souci, enfin, de promouvoir une nouveau regard sur l’économie à partir de l’apport d’autres démarches intellectuelles : de la philosophie à la littérature. Un beau programme pour une belle rencontre.
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Le salut par la santé : ce que l’histoire du travail nous apprend sur la crise sanitaire de 2020
Published 08/10/2021
Marché et organisations, n° 42, 3, 29 - 49
La Covid-19 révèle la religiosité spécifique de notre société occidentale qui repose sur la croyance en la toute-puissance d’une technostructure de gestion capable de contrôler les maladies qui nous menacent. Prenant l’histoire de la santé au travail et de sa pathologisation comme exemple, l’article montre comment la rationalité managériale dans les entreprises tire sa légitimité et son pouvoir de sa capacité à 1) définir ce qu’est une maladie professionnelle et 2) maîtriser les outils qui permettent aux travailleurs de s’en protéger. La confiance de la population dans les experts gestionnaires n’est acquise que dans la mesure où ils lui assurent qu’ils travaillent pour sa santé dans un environnement que ces mêmes experts décrivent comme potentiellement de plus en plus pathogène. Cette dialectique explique la soumission massive des populations aux injections des managers lors de la crise sanitaire de 2020. Mais elle contient les germes de risques quant à la pérennité de telles croyances.
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Les transformations du travail dans l’économie numérique
Published 14/12/2018
Entreprendre et Innover, 8 - 17
L’économie numérique suscite les spéculations les plus diverses. Parmi celles-ci, on prédit la fin du travail et le dépassement de l’être humain par la robotisation et l’intelligence artificielle ; on annonce de même la fin du salariat, l’ubérisation de l’économie généralisant le travail indépendant pour tous. À l’opposé de ces fantasmes, cet article décrit les métamorphoses réelles du travail tel qu’on les perçoit déjà dans une économie numérisée. Il montre comment la numérisation transforme la manière de travailler à la fois vers davantage d’autonomie mais aussi de contraintes et de contrôles technologiques. Il fait le point des connaissances sur l’évolution de l’emploi et des revenus tirés de nouvelles formes de travail. Il montre en particulier que les principales recompositions sociales tiendront à l’affaiblissement des revenus salariaux de la classe moyenne. Il invite à réfléchir sur les conséquences sociétales de ces transformations de notre façon de travailler.
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Published 01/07/2018
Journal of Management History, 24, 3, 262 - 281
Purpose The equal representation of employees on codetermined supervisory boards is one of the distinctive features of the German corporate governance system. This study aims to examine the relevance of the frequent assumption according to which this system is rooted in a typically “German culture”. Design/methodology/approach This research applies Davis and Thompson’s (1994) mobilization theory as an interpretive grid to historical sources to reveal the determinants of the institutionalization of equal board representation in post-war Germany. Findings The present contribution reveals that the supposedly “German tradition” of board representation is a myth. The specific regime of codetermined supervisory boards is instead the outcome of the dramatic political and institutional circumstances of the late 1940s, which saw fierce struggles and the mobilization of various actors ranging from politicians and industrialists to trade unionists. Originality/value The German Catholic Church is shown to have played a significant, albeit seldom recognized, role in this search for institutional consensus. It acted as a broad-based “supporting institution”, positively influencing mobilization efforts in favor of board codetermination and ultimately enabling an agreement to be reached.
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En débat : Je travaille, donc j’existe ? : Le sens du travail à l’ère numérique
Published 01/12/2017
Projet, 361, 36
Hors de l’emploi, le travail est largement invisible. Il est pourtant vecteur de sens, un sens fixé par l’employeur dans le salariat. Mais dans un monde numérisé, qui maîtrisera la finalité du travail ? Le travail est efforts et finalité. Cette double nature a été mise en évidence par Simone Weil, sans doute la plus grande philosophe du travail du XXe siècle. Le travail implique des efforts pour surmonter les contraintes de la matière et ces efforts sont ordonnés à la production d’un résultat, qui échappe à celui qui travaille. Le travail dissocie le produit du producteur, l’objet du sujet, ce qui le distingue des autres formes d’activités humaines. Le travail prend des formes variées dans les sociétés contemporaines : domestique, associatif, collaboratif ou professionnel. Domestique, il est au cœur du fonctionnement social : se nourrir, assurer la pérennité de sa maison, éduquer des enfants ; le travail associatif est assuré en France par plus de 11 millions de bénévoles dont l’activité est essentielle à certains secteurs (la santé, l’éducation, la culture…) ; le travail collaboratif permet de réaliser des projets collectifs auxquels on participe librement, par exemple une activité citoyenne (le Téléthon) ou la production d’un logiciel libre (Linux). Nous travaillons aussi en tant que consommateurs : self-service, assemblage de meubles en kit, etc. Le travail professionnel, lui, est organisé dans les entreprises ou les administrations si on est salarié, ou défini par un contrat commercial si on est indépendant…
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Published 22/03/2017
Entreprise & société, 2017-1, n° 1, 19 - 21
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La représentation des salariés aux conseils d’administration: Enjeux, obstacles et préconisations
Published 01/07/2015
Revue de droit du travail, 2015, 07, 17 - 23
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Published 01/01/2015
@GRH, 2015/1, 14, 99 - 128
L’introduction de projets de changement pose de nombreux défis en matière de gestion des ressources humaines. Ils sont d’ailleurs traduits, dans la littérature en management, comme autant d’opportunités à saisir et de prescriptions à observer pour piloter ceux-ci avec succès. Cet article présente le cas particulier de l’introduction d’une nouvelle forme d’organisation du travail, le télétravail à domicile, et invite à considérer à la fois la re-régulation des dispositifs de règles – en particulier, les règles de contrôle, et les croyances sur ce qu’il est normal d’attendre des travailleurs en situation de déspatialisation. Les théories de la régulation sociale et des conventions sont présentées dans leurs similarités et dissemblances, justifiant en cela l’articulation que nous proposons ici de considérer simultanément les croyances partagées par les acteurs a priori comme une condition nécessaire à l’adoption de nouvelles règles, et la négociation de dispositifs de règles par laquelle les acteurs produisent ces nouvelles règles et organisent (ou non) le projet et sa pratique. Afin d’illustrer cette proposition théorique, deux études de cas sont convoquées. L’une questionne l’échec de l’introduction du télétravail dans une administration publique alors que l’autre interroge le succès d’un projet identique. Finalement, notre proposition soutient les efforts d’enrichissement de notre compréhension des situations de gestion entrepris par d’autres, par le biais de la mobilisation de cadres théoriques qui peuvent être empruntés à d’autres disciplines des sciences sociales.
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Published 01/01/2013
Economies et Sociétés. Série K, Economie de l’entreprise, 1 - 6